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4 exemples d’action pour lutter contre l’antibiorésistance

Cheick Saidou / agriculture.gouv.fr
Cheick Saidou / agriculture.gouv.fr

Du 18 au 24 novembre 2019, c’est la Semaine mondiale pour un bon usage des antibiotiques. Identifiée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) comme l’une des menaces les plus sérieuses pour la santé publique, l’antibiorésistance est corrélée à l’utilisation des antibiotiques qui génère, au fil du temps, une augmentation des résistances bactériennes menaçant l’efficacité des traitements.

Depuis 2016, en France, une feuille de route interministérielle pour la maîtrise de l’antibiorésistance, dans une perspective « Une seule santé » (« One Health ») a été lancée. Elle coordonne les actions en santé humaine, en santé animale et dans l’environnement.

L’engagement du ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation pour lutter contre l’antibiorésistance est total.

Il pilote le plan Écoantibio 2 (2017-2021), qui décline en santé animale les actions de la feuille de route interministérielle. Écoantibio se compose de 20 mesures couvrant l’ensemble des recommandations internationales en matière de lutte contre l’antibiorésistance. Le plan Écoantibio 2, comme le plan Écoantibio 1 (2012-2016) co-construit avec l’ensemble des partenaires de la santé animale, contribuent à leur mise en oeuvre. L’engagement de la profession vétérinaire et de l’ensemble des parties prenantes (éleveurs et leurs représentants, groupements, coopératives, instituts techniques) a permis de dépasser largement les objectifs chiffrés du premier plan (baisse de 37% de l’exposition des animaux aux antibiotiques entre 2012 et 2016 par rapport à un objectif initial de -25%).

Différentes actions sont mises en place pour atteindre les objectifs du plan. Quelques exemples :

Des campagnes de communication annuelles ciblant les éleveurs et les vétérinaires

En septembre 2019, une nouvelle campagne de communication a été lancée, à l’intention des éleveurs et des vétérinaires : « Les antibios, comme il faut, quand il faut ». Cette campagne promeut l’ensemble des mesures de prévention qui permettent d’éviter d’avoir recours aux antibiotiques en garantissant la bonne santé des animaux : respect des règles de biosécurité, vaccination des animaux et amélioration du bien-être animal.

Diffusion des bonnes pratiques et formation des vétérinaires

Le réseau de vétérinaires référents en antibiothérapie a été mis en place en 2017 et, à l’issue d’une phase pilote, étendu à l’ensemble du territoire national en 2019. Il est financé par le plan Écoantibio. Il s’agit d’un réseau de vétérinaires praticiens pour les vétérinaires praticiens : pour chaque espèce animale, un vétérinaire répond aux questions que se posent ses confrères en matière d’antibiothérapie. Les référents diffusent également les bonnes pratiques en antibiothérapie.

Plus de 200 projets financés depuis 2013 au bénéfice des éleveurs, des vétérinaires et de la recherche

Depuis 2013, Écoantibio consacre chaque année environ 2 millions d’euros à des projets d’action ou de recherche. Avec l’appel à projets 2019, le cap des 200 projets financés a été franchi !

  • Financement d’actions menées par les représentants des éleveurs
    Les éleveurs et leurs représentants sont particulièrement impliqués dans la lutte contre l’antibiorésistance. Les groupements de défense sanitaire et les instituts techniques agricoles, qui 20 travaillent à leurs côtés au quotidien, déposent ainsi régulièrement des projets d’action ou de recherche dans différents domaines en réponse aux appels à projets du plan Écoantibio. Par exemple, l’Institut Français du Porc (IFIP) a reçu un financement afin de développer l’outil Bâti Santé. Il s’agit d’une application à destination des éleveurs de porcs, qui leur permet d’identifier les facteurs de risque relatifs aux bâtiments et aux équipements ayant un lien avec la santé des animaux, puis de les corriger.
  • Financement de projets de recherche
    L’appel à projets Écoantibio a permis de financer par exemple en 2014 un projet de l’Anses en partenariat avec l’École nationale vétérinaire d’Alfort. Intitulé « Surveillance de la résistance des céphalosporines de 3e génération en portage chez les carnivores domestiques », ce projet a donné lieu à une thèse vétérinaire. Les céphalosporines de 3e génération sont une famille d’antibiotiques d’importance critique, c’est-à-dire d’antibiotiques dont il faut absolument préserver l’efficacité pour la santé humaine et la santé animale. Ce projet a permis de démontrer la relation entre la présence de certaines bactéries résistantes dans le tube digestif de chiens et de chats en bonne santé et une hospitalisation de l’animal dans les 12 derniers mois, confirmant ainsi que le passage en structure de soins est un facteur de risque.

Un nouveau cadre législatif européen permet de renforcer la prévention et la lutte contre l’antibiorésistance

Avec les deux nouveaux règlements européens de janvier 2019 relatifs au médicament vétérinaire et à l’aliment médicamenteux, aux négociations desquelles les autorités françaises ont activement participé, l’enjeu de santé publique majeur que représente l’antibiorésistance est réaffirmé : renforcement du dossier d’autorisation de mise sur le marché pour les antibiotiques, collecte des données de vente et d’usage des antibiotiques, interdiction de la prophylaxie, encadrement strict de la métaphylaxie, interdiction aux pays tiers d’exporter en Union européenne des produits issus d’animaux qui ont reçu des antibiotiques utilisés comme facteurs de croissance ou des antibiotiques réservés à la médecine humaine.

Voir aussi Antibiotiques et résistance bactérienne : une menace mondiale, des conséquences individuelles sur le site Santé publique publique.

À télécharger

Dossier de presse - « Antibiorésistance : Tous les acteurs mobilisés » (PDF, 897.01 Ko)