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Zoom sur... Les moissons d’été 2019 - De très bons rendements

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En 2019-2020, la récolte mondiale de céréales augmenterait de 0,9 % sur un an, avec une nette croissance pour le blé tendre, et une baisse pour le maïs. Dans ce contexte, et avec la perspective d’une concurrence vive entre pays exportateurs, les prix des céréales baissent par rapport à la campagne précédente. La production mondiale d’oléagineux reculerait de 3,3 %, avec des cours du soja fluctuants.
En France, après un niveau bas en 2018, la production 2019 de céréales augmenterait de 13 %, correspondant à la troisième plus importante récolte après 2015 et 2017. Pour les seules céréales à paille, la progression annuelle atteindrait 17 %. Le déficit hydrique important et la canicule de fin juin et fin juillet n’ont pas eu d’impact sur les cultures d’hiver, mais les conditions climatiques ont pénalisé les cultures d’été et d’oléagineux. La récolte de colza chute sous l’effet de la forte baisse des surfaces liée à la sécheresse lors des semis de l’été 2018. Comme au niveau mondial, les prix français du blé et de l’orge, au troisième trimestre 2019, passent en dessous du niveau élevé de l’an dernier, mais ils se redressent en octobre et novembre 2019, grâce au dynamisme de la demande adressée à la France. Les cours du colza dépassent ceux de la campagne 2018-2019, du fait d’une production en baisse, en France et en Europe.

En 2019, la superficie globale en céréales à paille s’accroît en Bretagne de 1,4 % par rapport à 2018. Les surfaces augmentent ainsi pour le blé (+ 1,2 %) et pour le triticale (+ 9,5 %), mais faiblissent légèrement pour l’orge (– 0,9 %). L’orge d’hiver étant sensible à la jaunisse nanisante, certains producteurs ont préféré semer du blé ou du triticale, suite à l’interdiction des néonicotinoïdes en France depuis le 1er septembre 2018. Après trois années d’augmentation, la superficie implantée en oléagineux se réduit par rapport à celle de 2018 (– 4,4 %). Celle en protéagineux progresse de 2,7 % (8 220 ha), après avoir baissé de 15 % en 2018.

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Au dernier trimestre 2018, les températures bretonnes dépassent les normales saisonnières (1981-2010) et les précipitations sont déficitaires, avec un mois d’octobre très peu arrosé. Les semis de blé et d’orge sont réalisés dans de bonnes conditions, avec des implantations de qualité, qui démarrent vers le 20 octobre.

Au premier trimestre 2019, les températures sont supérieures aux normales, sauf en janvier, et la pluviométrie s’avère très déficitaire. Les cultures profitent des températures douces et des pluies faibles. Les Reliquats Sortie Hiver (quantité d’azote minéral dans le sol, disponible pour les cultures) sont modérés et les apports d’azote se font dans de bonnes conditions.

Au printemps, les températures continuent d’excéder les normales, sauf en mai. Le niveau des pluies passe au-dessus de la norme, grâce à un mois de juin très arrosé. Les cultures progressent régulièrement, sans même de baisse de fertilité suite au gel du 7 mai. La pression des maladies est faible. Le retour des pluies en juin permet un bon remplissage des grains, sans altérer l’état sanitaire.
Durant l’été, les précipitations sont à nouveau déficitaires, en particulier en juillet, mais le mois d’août est plus arrosé que la normale. Les températures dépassent légèrement la norme, avec des maximales historiques en juillet et deux épisodes de canicule, qui ne nuisent ni à la qualité ni au rendement. Les récoltes sont réalisées dans de bonnes conditions, en juillet et début août, puis les pluies de la deuxième décade d’août décalent les dernières récoltes à fin août dans le nord-ouest de la Bretagne. Les rendements en blé sont partout exceptionnels, grâce aux conditions optimales tout au long du cycle. Leur qualité est par ailleurs très bonne, avec des poids spécifiques élevés, une faible humidité des grains et des teneurs en protéines correctes. Les rendements en orge sont favorables, mais très hétérogènes.
Au final, après avoir chuté l’an dernier, les rendements s’améliorent pour les céréales à paille, les oléagineux et les protéagineux. Le rendement moyen des céréales à paille gagne 14 % en un an. Comparé à la moyenne quinquennale, il s’accroît de 6 %, soit une augmentation de 5,8 q/ha pour le blé, de 1,6 q/ha pour l’orge et de 0,6 q/ha pour le triticale. Concernant les oléagineux, du colza pour 98 % des surfaces, les rendements sont supérieurs de 5 % à ceux de 2018 et de 0,9 % à la moyenne quinquennale.
Avec la hausse des surfaces et des rendements en 2019, la production totale en céréales à paille progresse de 16 % en un an et de 4,5 % comparée à la moyenne des cinq dernières années. S’agissant des oléagineux, la baisse des surfaces combinée à l’augmentation des rendements aboutit à une production stable par rapport à 2018 (+ 0,3 %), mais supérieure de 16 % à la moyenne 2014-2018.JPEG
Comme en France, les prix des céréales récoltées en 2018 en Bretagne remontent, dans un contexte de faible récolte. Les prix au 30 juin 2019 atteignent ainsi 169 € pour le blé tendre, 154 € pour l’orge et 157 € pour le triticale, dépassant leurs niveaux d’un an plus tôt respectivement de 20 %, 19 % et 24 %. Pour la campagne 2019-2020 en cours, les prix au 30 septembre 2019 sont en revanche à la baisse, comme au niveau national, du fait d’une récolte abondante. Ils s’établissent à 131 € pour le blé, 123 € pour l’orge et 121 € pour le triticale, en recul de 12 % à 14 % sur un an.

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