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Zoom sur...la campagne laitière 2018-2019 - Légères variations, à la hausse pour les prix, à la baisse pour les volumes

La campagne laitière 2018-2019 - Légères variations, à la hausse pour les prix, à la baisse pour les volumes

Contexte national et international
En 2018, la collecte mondiale de lait de vache progresse sur un an. L’augmentation atteint 1 % pour les cinq principaux exportateurs (Nouvelle-Zélande, Australie, États-Unis, Argentine et Union européenne). Dynamique en janvier et février, dans la continuité de 2017, la collecte mondiale se stabilise ensuite avec le repli des collectes australienne et européenne, lié à la sécheresse. En Europe, la collecte laitière gagne 0,8 % sur l’année. Au premier semestre, elle croît de 1,7 %, alors qu’elle faiblit de 0,1 % au second, en raison d’un déficit en fourrages plus ou moins marqué selon les pays producteurs, conséquence d’un printemps pluvieux suivi d’un été caniculaire. Au premier trimestre 2019, la collecte européenne poursuit son recul en janvier, puis se stabilise sur celle d’un an plus tôt, avant de se redresser en mars. Parallèlement, le prix du lait collecté dans l’Union européenne passe en dessous du niveau de 2017 à partir d’avril 2018. Sur l’année, il se réduit de 2,2 %. Les cours se redressent au premier trimestre 2019, tirés par une collecte européenne en baisse en début d’année.
En France, la collecte de lait faiblit de 0,2 % entre 2017 et 2018, avec une progression de 1,3 % au premier semestre et un recul de 1,9 % au second, lié aux conditions météorologiques défavorables. Le ralentissement se poursuit au premier trimestre 2019. Les volumes collectés au cours de la campagne 2018-2019 sont, au final, inférieurs de 1,5 % à ceux de la campagne 2017-2018. La diminution concerne l’ensemble des bassins laitiers, exceptés Normandie et Nord-Picardie, avec une baisse allant de – 1,1 % pour le Grand Ouest à – 7,2 % pour le Sud-Ouest.
S’agissant du prix du lait en France, celui-ci augmente légèrement en 2018 (+ 1,2 % en moyenne annuelle), après s’être fortement redressé l’année précédente. L’écart important constaté en 2017 entre matières grasses (flambée du prix du beurre) et matières protéiques (chute du prix de la poudre de lait écrémé) se réduit en 2018. En effet, les cours de la poudre de lait remontent malgré l’écoulement progressif en cours d’année des stocks achetés par la Commission européenne entre 2015 et 2017 (380 000 tonnes). Par ailleurs, le prix du beurre redescend au second semestre 2018. Le marché, plus équilibré, favorise une remontée du prix du lait payé au producteur. Après être passé en dessous du niveau de 2017 durant l’été 2018, le prix du lait se redresse à l’automne et surtout début 2019. L’accroissement au premier trimestre 2019, par rapport à 2018, atteint + 2,4 %. Ce rebond est en partie lié au ralentissement de la collecte française et européenne.

En Bretagne, tout comme en France, après une augmentation des volumes et des prix lors de la campagne précédente, le bilan laitier 2018-2019 reste correct. Il est comparable, en valeur, au bilan 2017-2018, avec des prix légèrement supérieurs et des volumes un peu plus faibles.
Les volumes de lait livrés par les producteurs bretons au cours de la campagne atteignent 5 410 millions de litres, en baisse de 0,6 % par rapport à ceux, particulièrement élevés, de la campagne 2017-2018. Ce niveau reste cependant supérieur à la moyenne des cinq dernières campagnes (+ 1,6 %). Les volumes remontent en fin de campagne : au premier trimestre 2019, ils dépassent de 1,3 % ceux du premier trimestre 2018. La diminution de la production laitière sur la campagne s’explique en partie par les mauvais rendements fourragers de 2018. Selon les premières estimations, la production fourragère bretonne de 2018, herbe et maïs, se réduit en effet de 14 % par rapport à celle, particulièrement bonne, de 2017. La baisse de la production laitière au cours de la campagne est plus faible pour la région que pour le bassin Grand Ouest [1](– 1,1 %) et pour l’Hexagone (– 1,5 %). En effet, depuis la fin des quotas laitiers le 31 mars 2015, la part de la Bretagne, dans la production nationale, a augmenté de 4,4 %, pour atteindre 23 %. Celle du bassin Grand Ouest, a gagné 1,1 % pour arriver à 36 %.

Parallèlement, le prix du lait payé aux producteurs bretons (prix à teneurs réelles, toutes qualités confondues) s’accroît de 0,8 % au cours de la campagne 2018-2019, pour atteindre 343 €/ 1 000 l en moyenne. Il est aussi supérieur de 1,7 % à la moyenne des cinq dernières campagnes. Comme au niveau national, le prix s’améliore au cours de la campagne, grâce au ralentissement de la collecte et à la revalorisation des produits industriels. Au premier semestre, d’avril à septembre, le prix du lait recule en moyenne de 1 % en un an, tandis qu’il s’accroît de 2.5 % au second semestre, d’octobre 2018 à mars 2019.
La part du lait bio collecté en Bretagne au cours de la campagne 2018-2019 représente 3,4 % des livraisons, contre 2,7 % lors de la campagne précédente, pour 6,0 % des producteurs, contre 4,6 %. Pour la deuxième campagne consécutive, la collecte de lait bio augmente fortement (+ 24 % après + 22 %), alors que celle du lait conventionnel recule de 1,3 %. À l’inverse, le prix moyen du lait bio se réduit de 0,9 % au cours de la campagne 2018-2019, alors que celui du lait non bio gagne 0,6 %. Cependant, à 464 €/1 000 litres pour cette campagne, le prix moyen du lait bio payé aux producteurs excède de 37 % le prix du lait conventionnel.

Dans un contexte de rendements fourragers défavorables en 2018, les effectifs de vaches laitières reculent de 0,6 % en Bretagne, entre fin 2017 et fin 2018, malgré une conjoncture laitière correcte. Au niveau national, le troupeau de vaches laitières diminue un peu plus (– 1,2 %). La réduction des livraisons de lait par les producteurs bretons s’explique ainsi, non seulement par celle des fourrages, mais aussi par celle du cheptel laitier. Par ailleurs, la baisse des livraisons de lait étant un peu plus importante que celle des effectifs de vaches laitières, le rendement laitier faiblit de 0,2 % en 2018, en lien probable avec la canicule estivale jouant sur la lactation, les mauvaises conditions fourragères et la hausse du coût de l’aliment.
En effet, depuis janvier 2018, le coût de l’aliment remonte progressivement. Au cours de la campagne laitière 2018-2019, selon l’Ipampa [2], le coût des aliments pour gros bovins s’accroît de 4,5 % par rapport à la campagne 2017-2018. Il reste cependant inférieur de 1,2 % à la moyenne des cinq dernières campagnes.

Les données à télécharger

[1] Bassin Grand Ouest : Bretagne et Pays de la Loire hors Vendée

[2] L’Indice des Prix d’Achat des Moyens de Production Agricole (IPAMPA) permet de suivre l’évolution des prix des biens et des services utilisés par les agriculteurs pour leur exploitation agricole. Ces prix sont relevés auprès des vendeurs de produits nécessaires aux exploitations.