Bilan agricole 2025 - Des prix records pour le lait, les bovins et les oeufs
En 2025, de nouveaux prix records sont battus dans plusieurs filières d’élevage. C’est le cas du lait, des différentes catégories de bovins et des œufs de consommation. De plus, les volumes de lait et d’œufs de consommation produits augmentent. Pour la filière porcine, les prix redescendent mais restent dans la moyenne. Les charges des éleveurs reculent légèrement, notamment le coût des aliments pour animaux. Celui-ci suit la baisse du prix des céréales, dont l’offre mondiale est abondante. Les cheptels bovins continuent de se réduire. Cependant, la production de lait s’accroît grâce à une meilleure productivité des vaches. Les difficultés demeurent pour le lait bio. Elles s’estompent pour les œufs bio de consommation. La météo en 2025 favorise la production de céréales, mais altère la croissance de l’herbe. Concernant les légumes, les cours sont plus satisfaisants pour les tomates que pour les choux-fleurs.
Lait : plus de volumes et nouveau prix record
Le prix du lait payé aux producteurs bretons bat un nouveau record en 2025, malgré une production régionale en hausse. À 495 euros pour 1 000 litres en moyenne annuelle, il dépasse de 5,8 % le précédent record de 2024 (prix moyen à teneurs réelles, toutes qualités confondues, figures 1 et 2). Le prix du lait en Bretagne, comme en France en général, est porté par le cours élevé du beurre dans le monde. Celui-ci chute cependant au second semestre, faisant reculer le prix du lait en fin d’année.
En 2025, les quantités de lait livrées par les producteurs bretons augmentent pour la deuxième année de suite (+ 3,6 %) (figure 3). Comme en 2024, la production bretonne de lait progresse car chaque vache produit plus de lait, alors que le cheptel laitier continue de se réduire. En 2025, la productivité des vaches augmente de 8 %, grâce à une meilleure alimentation (fourrages de qualité, aliments moins chers) et grâce aux progrès de la génétique. Le développement des robots de traite et l’augmentation du nombre de lactations par vache contribuent aussi à améliorer la productivité.
Le cheptel laitier poursuit sa baisse, démarrée en 2018 suite à la fin des quotas en 2015. En Bretagne, les effectifs de vaches laitières diminuent ainsi de 4,2 % entre fin 2024 et fin 2025. Le nombre de producteurs de lait continue en effet de reculer : - 2,8 % entre 2024 et 2025.
La filière du lait bio est toujours en difficulté. La production se replie (- 4,4 %), à l’inverse du lait conventionnel. Le nombre de producteurs diminue plus qu’en lait conventionnel (respectivement - 4,8 % et - 2,5 %). Parallèlement, à 533 euros pour 1 000 litres, le prix du lait bio augmente (+ 4,4 %), mais moins que celui du lait conventionnel (+ 6 %).
Les coûts de production des éleveurs laitiers redescendent légèrement, tout en restant élevés. L’Ipampa lait de vache (Indice des prix d’achat des moyens de production agricole) recule ainsi de 1,8 %, en France, par rapport à 2024 (calcul de l’Institut de l’élevage). Alliée à l’augmentation du prix du lait, cette baisse des charges permet d’améliorer la marge des éleveurs laitiers, qui progresse pour la quatrième année de suite dans l’Hexagone. À 246 euros les 1 000 litres en moyenne annuelle, elle dépasse de 36 % celle de 2024, d’après l’indice Milc de l’Institut de l’élevage (différence entre la production de lait et de viande en valeur et les coûts d’approvisionnement).