Bilan agricole 2025 - Des prix records pour le lait, les bovins et les oeufs

En 2025, de nouveaux prix records sont battus dans plusieurs filières d’élevage. C’est le cas du lait, des différentes catégories de bovins et des œufs de consommation. De plus, les volumes de lait et d’œufs de consommation produits augmentent. Pour la filière porcine, les prix redescendent mais restent dans la moyenne. Les charges des éleveurs reculent légèrement, notamment le coût des aliments pour animaux. Celui-ci suit la baisse du prix des céréales, dont l’offre mondiale est abondante. Les cheptels bovins continuent de se réduire. Cependant, la production de lait s’accroît grâce à une meilleure productivité des vaches. Les difficultés demeurent pour le lait bio. Elles s’estompent pour les œufs bio de consommation. La météo en 2025 favorise la production de céréales, mais altère la croissance de l’herbe. Concernant les légumes, les cours sont plus satisfaisants pour les tomates que pour les choux-fleurs.

Lait : plus de volumes et nouveau prix record

Le prix du lait payé aux producteurs bretons bat un nouveau record en 2025, malgré une production régionale en hausse. À 495 euros pour 1 000 litres en moyenne annuelle, il dépasse de 5,8 % le précédent record de 2024 (prix moyen à teneurs réelles, toutes qualités confondues, figures 1 et 2). Le prix du lait en Bretagne, comme en France en général, est porté par le cours élevé du beurre dans le monde. Celui-ci chute cependant au second semestre, faisant reculer le prix du lait en fin d’année.
En 2025, les quantités de lait livrées par les producteurs bretons augmentent pour la deuxième année de suite (+ 3,6 %) (figure 3). Comme en 2024, la production bretonne de lait progresse car chaque vache produit plus de lait, alors que le cheptel laitier continue de se réduire. En 2025, la productivité des vaches augmente de 8 %, grâce à une meilleure alimentation (fourrages de qualité, aliments moins chers) et grâce aux progrès de la génétique. Le développement des robots de traite et l’augmentation du nombre de lactations par vache contribuent aussi à améliorer la productivité.
Le cheptel laitier poursuit sa baisse, démarrée en 2018 suite à la fin des quotas en 2015. En Bretagne, les effectifs de vaches laitières diminuent ainsi de 4,2 % entre fin 2024 et fin 2025. Le nombre de producteurs de lait continue en effet de reculer : - 2,8 % entre 2024 et 2025.
La filière du lait bio est toujours en difficulté. La production se replie (- 4,4 %), à l’inverse du lait conventionnel. Le nombre de producteurs diminue plus qu’en lait conventionnel (respectivement - 4,8 % et - 2,5 %). Parallèlement, à 533 euros pour 1 000 litres, le prix du lait bio augmente (+ 4,4 %), mais moins que celui du lait conventionnel (+ 6 %).
Les coûts de production des éleveurs laitiers redescendent légèrement, tout en restant élevés. L’Ipampa lait de vache (Indice des prix d’achat des moyens de production agricole) recule ainsi de 1,8 %, en France, par rapport à 2024 (calcul de l’Institut de l’élevage). Alliée à l’augmentation du prix du lait, cette baisse des charges permet d’améliorer la marge des éleveurs laitiers, qui progresse pour la quatrième année de suite dans l’Hexagone. À 246 euros les 1 000 litres en moyenne annuelle, elle dépasse de 36 % celle de 2024, d’après l’indice Milc de l’Institut de l’élevage (différence entre la production de lait et de viande en valeur et les coûts d’approvisionnement).

Figure 1 - Prix et livraisons mensuels de lait en Bretagne entre 2020 et 2025

Note : en décembre 2025, livraison de 465,6 milliers de litres à 491 euros pour 1000 litres en moyenne | Source : Agreste - FranceAgriMer, enquête auprès des laiteries

Télécharger les données du graphique au format :  csv  xls

Figure 1 - Prix et livraisons mensuels de lait en Bretagne entre 2020 et 2025
DateLivraisons de laitPrix moyen du lait
janv-20 100 100
févr-20 94,4 98,9
mars-20 101,4 95,9
avr-20 100,6 94,8
mai-20 100,8 92,3
juin-20 95 92,3
juil-20 96,7 92,6
août-20 93,2 95,1
sept-20 91,5 97,3
oct-20 93,7 100,5
nov-20 91,8 98,9
déc-20 96,1 98,6
janv-21 97,5 98,1
févr-21 89,2 96,7
mars-21 102,2 94,2
avr-21 102,1 97,5
mai-21 105,1 97,5
juin-21 96,6 98,4
juil-21 95,2 100
août-21 94,7 102,7
sept-21 89,6 104,1
oct-21 93 106,8
nov-21 90,1 107,7
déc-21 93,9 109,3
janv-22 96,8 111,5
févr-22 89,8 113,4
mars-22 102,4 114,5
avr-22 101,7 117,5
mai-22 103,8 119,7
juin-22 95,6 121,9
juil-22 96,3 121,9
août-22 92,7 122,2
sept-22 90,1 126
oct-22 93,5 131,8
nov-22 89,9 133,7
déc-22 92,2 135,1
janv-23 94,3 137,3
févr-23 88,2 136,4
mars-23 98,8 132,9
avr-23 98,5 126,8
mai-23 99,7 122,7
juin-23 92 121,1
juil-23 91,9 124,7
août-23 90,3 126,3
sept-23 84,9 126,3
oct-23 89,4 127,7
nov-23 85,6 129,3
déc-23 92,2 127,9
janv-24 94,7 127,7
févr-24 91,6 127,1
mars-24 99,8 125,5
avr-24 97,4 124,9
mai-24 100,4 123,3
juin-24 93,9 123,3
juil-24 93,9 126
août-24 91,6 127,1
sept-24 89,1 131
oct-24 92,1 133,2
nov-24 89,6 135,3
déc-24 93,8 135,1
janv-25 95,3 137
févr-25 87,9 137,3
mars-25 100,4 136,4
avr-25 102,1 135,1
mai-25 104,5 133,4
juin-25 97,8 132,6
juil-25 97,2 132,6
août-25 97,2 135,3
sept-25 94,1 138,6
oct-25 98,2 140
nov-25 94,6 136,7
déc-25 99,7 134,5

Figure 2 - Évolution du prix des produits animaux sur un an

Lecture : le cours moyen du porc charcutier se réduit de 9,8 % entre 2023 et 2024 et de 10,6 % entre 2024 et 2025
Champ : Bretagne (porc charcutier, lait et poulet), Bassin Grand Ouest (vache de réforme), Bassin Nord (veau), France hors Drom (œufs de consommation) | Source : Agreste - FranceAgriMer - Marché du porc français

Télécharger les données du graphique au format :  csv  xls

Figure 2 - Évolution du prix moyen annuel des produits animaux
Productions animales20242025
Porc charcutier -9,8 -10,6
Lait 0 5,8
Vache de réforme -5,8 33,5
Veau 1,4 11
Poulet standard -14,4 0,9
Œuf de consommation 8,3 -8,4
Figure 3 - Les principales productions bretonnes en 2025

Productions

Production 2024

Production 2025

Évolution 2024-2025 (%)

Part de la Bretagne dans la production française hors Drom, en 2025 (%)

Productions végétales (tonnes)
Blé tendre 1 787 577 2 253 414 26,1% 7%
Maïs grain 1 485 616 1 419 531 -4,4% 10%
Orge 569 972 677 901 18,9% 6%
Triticale 150 217 237 475 58,1% 15%
Autres céréales 73 501 97 215 32,3% 3%
Oléagineux 196 396 230 881 17,6% 4%
Maïs fourrage 3 999 142 3 780 266 -5,5% 24%
Choux-fleurs 175 584 157 376 -10,4% 81%
Tomates 153 890 156 739 1,9% 23%
Lait (millions de litres)
Livraisons à l’industrie 5 265 5 457 3,6% 23%
Activité dans les abattoirs (tonnes)
Bovins - 12 mois 52 310 45 279 -13,4% 31%
Gros bovins 215 716 219 036 1,5% 20%
Porcs 1 267 153 1 273 964 0,5% 61%
Gallus 376 076 381 156 1,4% 32%
Dindes 94 040 101 754 8,2% 42%
Production d’œufs des élevages professionnels (milliers)
Œufs de consommation 5 496 700 5 542 900 0,8% 36%

Sources : Agreste, statistique agricole annuelle (2024 définitive, 2025 provisoire), Agreste - FranceAgriMer, enquête mensuelle laitière - DGAL, BDNI, enquête auprès des abattoirs

Bovins : des prix records

En 2025, les cours des bovins battent des records, quelle que soit leur catégorie, dépassant les niveaux déjà élevés des années précédentes. C’est la conséquence d’une contraction de l’offre nationale et européenne, causée par la diminution des cheptels et par différentes épizooties affectant la filière depuis l’été 2023. Des foyers de fièvre catarrhale ovine ont en effet été détectés en 2025 en Bretagne. Les foyers de maladie hémorragique épizootique et de dermatose nodulaire contagieuse sont absents en Bretagne mais affectent la production nationale. Dans le bassin Grand Ouest, les cours des gros bovins sont généralement supérieurs d’environ 40 % à leurs moyennes quinquennales respectives. Ainsi, le cours des vaches laitières conformées P progresse de 33 % par rapport à 2024 et atteint 5,70 euros le kg en moyenne annuelle (figure 4). Il redescend toutefois en fin d’année avec l’arrivée des vaches laitières de réforme sur le marché (celles qui sont emmenées à l’abattoir après leur « carrière » de laitière). Le cours des jeunes bovins à viande conformés U s’accroît, quant à lui, de 22 % et atteint 6,74 euros le kg en moyenne annuelle. Du fait d’une offre également faible, le cours des veaux de boucherie poursuit la hausse démarrée fin 2021 et atteint un nouveau record en 2025. En moyenne annuelle, le veau de boucherie rosé clair O s’échange ainsi à 8,05 euros le kg pour le bassin Nord, soit 11 % de plus qu’en 2024 et 25 % de plus que le prix moyen 2020-2024.
En 2025, les abattages de gros bovins en Bretagne augmentent de 1,5 % en volume, après quatre années de baisse. La hausse concerne toutes les catégories de bovins, exceptées les vaches laitières (- 1,7 %). Le prix du lait incitatif pousse en effet les éleveurs à retarder la mise à la réforme des vaches laitières, tandis que pour les autres catégories de bovins, les prix élevés de la viande peuvent inciter à envoyer plus tôt les bêtes à l’abattoir. Les abattages de veaux de boucherie reculent cependant dans la région de 9,1 % par rapport à 2024, avec un cheptel en baisse de 8 % en fin d’année.

Figure 4 - Cotations bovines mensuelles 2020-2025

Source : Agreste - FranceAgriMer

Télécharger les données du graphique au format :  csv  xls

Figure 4 - Cotations bovines mensuelles 2020-2025
DateVache laitière P bassin Grand OuestJeune bovin à viande U bassin Grand OuestVeau de boucherie rosé clair O bassin Nord
janv-20 2,552 4,068 5,842
févr-20 2,570 4,025 5,785
mars-20 2,668 3,970 5,722
avr-20 2,664 3,868 5,000
mai-20 2,805 3,845 4,555
juin-20 2,875 3,847 4,495
juil-20 2,878 3,852 4,536
août-20 2,878 3,817 4,640
sept-20 2,882 3,800 5,050
oct-20 2,862 3,790 5,635
nov-20 2,765 3,780 5,775
déc-20 2,736 3,806 5,805
janv-21 2,770 3,827 5,813
févr-21 2,802 3,873 5,805
mars-21 2,922 3,976 5,786
avr-21 2,975 4,020 5,585
mai-21 3,005 3,995 5,452
juin-21 3,102 4,000 5,456
juil-21 3,173 4,028 5,430
août-21 3,255 4,108 5,505
sept-21 3,308 4,186 5,838
oct-21 3,325 4,305 6,165
nov-21 3,415 4,472 6,430
déc-21 3,434 4,586 6,640
janv-22 3,560 4,640 6,633
févr-22 3,922 4,833 6,585
mars-22 4,298 5,052 6,632
avr-22 4,530 5,188 6,772
mai-22 4,800 5,303 6,835
juin-22 4,870 5,330 6,652
juil-22 4,877 5,313 6,525
août-22 4,864 5,290 6,528
sept-22 4,885 5,300 6,783
oct-22 4,910 5,343 7,135
nov-22 4,766 5,428 7,378
déc-22 4,598 5,520 7,615
janv-23 4,598 5,540 7,578
févr-23 4,590 5,528 7,595
mars-23 4,774 5,594 7,504
avr-23 4,720 5,575 7,418
mai-23 4,634 5,490 7,282
juin-23 4,695 5,432 6,910
juil-23 4,555 5,325 6,740
août-23 4,554 5,260 6,702
sept-23 4,683 5,385 6,748
oct-23 4,525 5,418 6,860
nov-23 4,156 5,412 7,158
déc-23 3,860 5,440 7,357
janv-24 4,008 5,488 7,390
févr-24 4,152 5,572 7,382
mars-24 4,172 5,560 7,305
avr-24 4,197 5,450 7,263
mai-24 4,310 5,362 7,152
juin-24 4,380 5,378 6,993
juil-24 4,408 5,328 6,908
août-24 4,515 5,382 6,913
sept-24 4,445 5,455 7,075
oct-24 4,226 5,562 7,390
nov-24 4,175 5,750 7,578
déc-24 4,220 5,873 7,690
janv-25 4,346 5,974 7,716
févr-25 4,650 6,243 7,750
mars-25 4,975 6,343 7,800
avr-25 5,404 6,406 7,894
mai-25 5,808 6,515 7,770
juin-25 5,938 6,583 7,723
juil-25 5,962 6,604 7,708
août-25 6,138 6,755 7,748
sept-25 6,318 7,063 8,138
oct-25 6,472 7,352 8,568
nov-25 6,263 7,460 8,863
déc-25 6,076 7,526 8,956

Porc : nouvelle baisse du prix

En 2025, le prix du porc poursuit sa baisse après avoir atteint des records en 2023 (figure 5). Le prix du porc charcutier s’élève à 1,689 euros le kg en moyenne en 2025, soit 12 % de moins qu’en 2024 (prix de base au Marché du porc français). Il retrouve le niveau moyen des cinq dernières années. Au dernier trimestre, cependant, le prix recule et descend sous la moyenne des cinq dernières années. L’instauration en septembre de droits de douane chinois sur le porc européen, puis la découverte de cas de peste porcine africaine en Espagne, restreignent les débouchés pour les éleveurs européens et provoquent ce recul.
Malgré un cheptel en léger recul sur un an (- 0,4 %), les abattages de porcs en Bretagne augmentent de 0,5 % en tonnage en 2025. Le poids moyen à l’abattage continue en effet d’augmenter (95,6 kg par carcasse, soit + 0,6 %). Les éleveurs cherchent à valoriser au mieux les animaux lorsque le coût de l’aliment et le prix du marché le permettent. Par ailleurs, depuis juillet 2024, la modification de la grille Uniporc offre une meilleure valorisation des carcasses lourdes.
Le recul parallèle des coûts de production et du prix du porc permettent aux élevages de maintenir une rentabilité correcte. Celle-ci se dégrade cependant en fin d’année. Ainsi, en décembre 2025, la marge des éleveurs français de porcs charcutiers se replie de 20 % sur un an pour descendre à 1 262 euros par truie présente et par an (marge naisseur-engraisseur sur coût alimentaire et renouvellement, calcul Ifip, Institut de la filière porcine).

Figure 5 - Évolution du prix du porc charcutier 2020-2025

Note : prix de base 54% TVM - 56TMP depuis 18 déc 2006. les moyennes mobiles sont calculées sur 12 mois, ainsi la moyenne mobile centrée sur juillet 2024 (1,896 euros le kg), correspond à la moyenne de janvier à décembre 2024. | Source: Agreste - FranceAgriMer - Marché du porc français

Télécharger les données du graphique au format :  csv  xls

Figure 5 - Évolution du prix du porc charcutier 2020-2025
MoisPrix moyens mensuelsMoyenne mobile des prix sur 12 mois
janv-20 1,526 1,557
févr-20 1,483 1,536
mars-20 1,555 1,512
avr-20 1,493 1,485
mai-20 1,362 1,458
juin-20 1,346 1,423
juil-20 1,307 1,384
août-20 1,318 1,357
sept-20 1,377 1,334
oct-20 1,362 1,316
nov-20 1,277 1,313
déc-20 1,201 1,328
janv-21 1,201 1,342
févr-21 1,215 1,346
mars-21 1,329 1,348
avr-21 1,457 1,342
mai-21 1,541 1,331
juin-21 1,516 1,327
juil-21 1,358 1,331
août-21 1,345 1,335
sept-21 1,303 1,339
oct-21 1,228 1,354
nov-21 1,235 1,373
déc-21 1,247 1,386
janv-22 1,248 1,404
févr-22 1,268 1,446
mars-22 1,501 1,499
avr-22 1,689 1,561
mai-22 1,698 1,625
juin-22 1,729 1,674
juil-22 1,863 1,721
août-22 1,980 1,778
sept-22 2,044 1,850
oct-22 2,001 1,922
nov-22 1,820 1,975
déc-22 1,810 2,014
janv-23 1,933 2,057
févr-23 2,135 2,098
mars-23 2,357 2,114
avr-23 2,328 2,113
mai-23 2,163 2,107
juin-23 2,249 2,103
juil-23 2,352 2,101
août-23 2,177 2,088
sept-23 2,032 2,065
oct-23 1,928 2,037
nov-23 1,777 2,012
déc-23 1,781 1,999
janv-24 1,782 1,981
févr-24 1,854 1,962
mars-24 2,022 1,945
avr-24 2,031 1,928
mai-24 2,006 1,911
juin-24 2,034 1,903
juil-24 2,126 1,896
août-24 1,963 1,888
sept-24 1,831 1,873
oct-24 1,720 1,845
nov-24 1,689 1,825
déc-24 1,689 1,807
janv-25 1,688 1,790
févr-25 1,680 1,770
mars-25 1,689 1,757
avr-25 1,781 1,743
mai-25 1,793 1,728
juin-25 1,831 1,713
juil-25 1,890 1,694
août-25 1,799 1,672
sept-25 1,663 1,650
oct-25 1,550 1,627
nov-25 1,503 0
déc-25 1,464 0
janv-26 1,423 0
févr-26 1,410 0
mars-26 1,417 0

Encadré 1 - Coûts de production : alimentation animale et énergie en baisse

Entre 2024 et 2025, le prix d’achat des intrants baisse de 1,2 % pour les agriculteurs bretons, selon l’Ipampa. Le coût des aliments pour animaux, qui représente 45 % du coût de production en Bretagne, se réduit de 2,1 %, grâce au recul des prix des céréales (figure 8). En 2025, le coût des aliments se réduit de 1,9 % pour les porcins, de 1,3 % pour la volaille et de 5,5 % pour les gros bovins. Il est stable pour les veaux. Le coût de l’énergie diminue également (- 9,4 %), tandis que celui des engrais et amendements augmente (+ 6,4 %). Ces deux postes représentent respectivement 7 % et 6 % des coûts de production pour la région.

Volaille : des poulets plus lourds

En 2025, les abattages de volailles en Bretagne progressent en tonnages (+ 2,3 %) mais diminuent en nombre d’animaux (- 1,3 %). C’est particulièrement le cas des poulets (+ 2,4 % en volume contre - 0,8 % en têtes), dont le poids moyen augmente (+ 3,2 %). La filière se réoriente en effet vers des poulets plus lourds destinés au marché intérieur, depuis la baisse des exportations de poulets légers vers l’Arabie saoudite (elle-même liée à la fin des aides européennes à l’exportation en 2013). Cette hausse de la production est favorisée par une consommation française en constante progression.
Concernant les dindes, les abattages s’accroissent à nouveau en tonnages (+ 8,2 %), après quatre années de baisse. À l’inverse des poulets, leur poids moyen se replie en 2025 (- 2,9 %) et leur consommation en France tend à diminuer.
La baisse du coût de l’aliment a peu d’impact sur les prix des viandes de volailles payées au producteur, qui se stabilisent. En France, le poulet standard est ainsi payé 1,05 euro le kg vif au producteur en moyenne en 2025 et la dinde 1,47 euro le kg vif. En revanche, le prix à Rungis augmente pour ces deux viandes : + 16 % pour le poulet et + 13 % pour la dinde.

Œufs : des prix records tirés par une forte demande

En 2025, les prix des œufs battent de nouveaux records, après avoir baissé en 2024. L’offre est en effet insuffisante pour répondre à la forte demande. Les prix dépassent ainsi les hauts niveaux de 2023, qui ont suivi la flambée de 2022 (manque d’offre en France lié à l’épizootie d’influenza aviaire). Les 100 œufs coquilles se vendent ainsi 16,4 euros, soit 30 % de plus qu’en 2024 (cotation TNO Synthèse, Tendance nationale officieuse, en moyenne annuelle). Le prix des œufs estinés à l’industrie gagne 36 % en un an et atteint 2,12 euros le kg (cotation TNO Industrie).
En 2025, la production nationale d’œufs de consommation augmente de 3,1 % par rapport à 2024 (figure 6). Elle dépasse également la moyenne quinquennale (+ 2 %). La production d’œufs issus d’élevages en cage continue de perdre du terrain face aux modes d’élevage alternatifs : 26 % de la production française d’œufs en 2025 contre 52 % en 2020. Entre 2024 et 2025, la production d’œufs issus d’élevages en cage baisse de 4,3 %, alors que la production issue de modes alternatifs (biologique, plein air ou au sol) progresse de 6 %. La production d’œufs bio augmente légèrement après trois années de baisse.
Depuis l’épidémie de Covid-19 en 2020, la consommation d’œufs et d’ovoproduits (généralement des œufs sous forme liquide) augmente (calcul par bilan). En 2025, elle progresse encore de 2,5 %.

Figure 6 - Prix et production des œufs de consommation en France entre 2020 et 2025

Source: Agreste-FranceAgriMer-Les Marchés

Télécharger les données du graphique au format :  csv  xls

Figure 6 - Prix et production des œufs de consommation en France entre 2020 et 2025
MoisProduction œufs consommation (en centaine de millions)Cours des œufs TNO synthèse (en euros pour 100 œufs)
janv-20 11,961 7,74
févr-20 12,161 7,58
mars-20 12,661 8,38
avr-20 12,839 8,39
mai-20 12,683 8,64
juin-20 12,891 7,10
juil-20 12,830 6,36
août-20 12,972 5,84
sept-20 13,010 6,72
oct-20 13,003 5,68
nov-20 13,066 6,05
déc-20 13,176 5,73
janv-21 13,041 5,32
févr-21 13,006 6,19
mars-21 12,944 7,07
avr-21 12,888 6,99
mai-21 13,011 7,00
juin-21 13,214 7,33
juil-21 13,106 6,45
août-21 13,204 7,40
sept-21 13,345 8,62
oct-21 13,234 8,75
nov-21 13,418 8,61
déc-21 13,240 9,42
janv-22 13,163 9,13
févr-22 13,013 9,20
mars-22 12,931 10,84
avr-22 12,825 12,77
mai-22 12,978 12,50
juin-22 12,872 11,83
juil-22 12,762 12,08
août-22 12,749 12,98
sept-22 12,834 13,91
oct-22 12,883 14,71
nov-22 12,869 15,11
déc-22 12,980 15,35
janv-23 13,154 15,38
févr-23 13,290 15,74
mars-23 13,133 16,39
avr-23 13,049 16,48
mai-23 13,255 15,67
juin-23 13,142 13,45
juil-23 12,996 10,93
août-23 13,062 9,42
sept-23 12,793 10,61
oct-23 12,917 11,79
nov-23 13,118 13,66
déc-23 12,825 14,19
janv-24 12,844 13,99
févr-24 12,659 13,61
mars-24 12,533 14,10
avr-24 12,708 14,03
mai-24 12,796 12,54
juin-24 12,745 10,97
juil-24 12,694 10,42
août-24 12,845 9,84
sept-24 12,931 11,10
oct-24 13,063 12,77
nov-24 13,050 13,99
déc-24 12,649 14,37
janv-25 13,014 13,99
févr-25 13,143 14,53
mars-25 13,177 17,16
avr-25 13,126 17,79
mai-25 13,039 16,96
juin-25 13,161 16,25
juil-25 13,041 16,20
août-25 13,144 16,14
sept-25 13,235 16,11
oct-25 13,254 16,56
nov-25 13,394 17,42
déc-25 13,505 17,80

Encadré 2 - Météo : une année ensoleillée avec un léger déficit de pluies

L’année 2025 s’avère plutôt chaude et peu humide en Bretagne. L’ensoleillement reste généreux de mars à novembre. La température annuelle moyenne dépasse la normale 1991-2020 pour la dixième année de suite, avec + 0,9 °C. Deux vagues de chaleur fin juin marquent le début d’été. Les précipitations sont légèrement inférieures aux normales (- 2 % , en moyenne annuelle). Malgré des pluies importantes en janvier, juillet et septembre, les autres mois sont secs, en particulier au printemps.
Les niveaux des nappes d’eau souterraine passent en-dessous des normales à partir d’avril, alors qu’ils étaient dans la moyenne en début d’année.

La météo favorise la production de céréales et d’oléagineux

Les cours des céréales diminuent à nouveau en 2025, du fait de récoltes mondiales abondantes. En Bretagne, les prix continuent de reculer, après avoir atteint des niveaux record en avril-mai 2022, suite au conflit russo-ukrainien (figure 7). En 2025, le blé tendre perd 6,4 % sur un an, le maïs 4,6 % et l’orge 1,1 % (prix rendu Pontivy, c’est-à-dire transport inclus, en moyenne annuelle).
En 2025, les productions de céréales et d’oléoprotéagineux sont particulièrem²ent importantes en Bretagne. Ainsi, la production de céréales hors maïs dépasse de 14 % la moyenne 2020-2024 et la production d’oléagineux la dépasse de 15 %. Les rendements s’améliorent grâce à l’ensoleillement, aux températures modérées et aux pluies tombées au bon moment. Les surfaces progressent par ailleurs globalement pour les céréales à paille, mais diminuent pour les oléagineux. La production de maïs grain s’accroît plus modérément (+ 1,1 % sur 2020-2024), du fait d’une légère baisse des surfaces, alors que les rendements s’améliorent. La production de protéagineux gagne 27 % sur celle de 2020-2024, avec des surfaces plus grandes, mais des rendements moindres.

Figure 7 - Évolution du prix des céréales entre 2020 et 2025

Source : Agreste, FranceAgriMer-RNM-Les Marchés

Télécharger les données du graphique au format :  csv  xls

Figure 7 - Évolution du prix des céréales rendu Centre Bretagne entre 2020 et 2025
MoisBlé tendre fourrager rendu Pontivy-GuingampMaïs rendu PontivyOrge fourragère rendu Pontivy
janv.-20 188,88 179,63 170,50
févr.-20 185,13 176,38 166,00
mars-20 178,38 173,00 159,75
avr.-20 190,70 173,20 169,40
mai-20 186,38 175,50 160,25
juin-20 179,88 176,75 165,00
juil.-20 185,80 180,40 172,20
août-20 186,00 173,00 175,00
sept.-20 192,25 177,25 176,50
oct.-20 200,20 191,20 188,60
nov.-20 209,50 198,00 198,50
déc.-20 212,25 196,75 201,25
janv.-21 232,75 215,00 220,00
févr.-21 234,00 223,25 222,25
mars-21 232,20 215,60 218,40
avr.-21 226,00 216,50 214,25
mai-21 216,00 246,00 211,00
juin-21 209,80 251,40 206,20
juil.-21 205,25 244,75 196,25
août-21 234,33 217,00 226,00
sept.-21 220,40 219,40 222,00
oct.-21 257,50 243,25 248,75
nov.-21 280,00 244,75 267,75
déc.-21 270,50 244,75 258,00
janv.-22 264,25 253,00 255,50
févr.-22 260,50 257,75 254,75
mars-22 364,00 341,60 362,40
avr.-22 386,50 347,25 383,75
mai-22 399,00 369,75 378,50
juin-22 372,60 351,00 343,60
juil.-22 335,75 342,75 296,00
août-22 320,50 330,25 292,75
sept.-22 333,75 342,67 307,75
oct.-22 344,75 351,25 313,25
nov.-22 325,20 330,40 300,00
déc.-22 303,25 300,00 274,75
janv.-23 290,25 291,75 273,75
févr.-23 290,00 299,50 277,75
mars-23 267,60 273,80 257,40
avr.-23 254,00 251,00 245,00
mai-23 224,80 229,00 216,80
juin-23 228,50 246,50 214,75
juil.-23 222,25 249,75 207,25
août-23 223,60 233,00 209,00
sept.-23 221,25 215,50 216,25
oct.-23 220,60 203,20 211,60
nov.-23 210,88 198,50 199,00
déc.-23 210,75 198,75 194,25
janv.-24 202,40 189,60 190,00
févr.-24 189,00 175,00 178,50
mars-24 185,25 176,25 171,50
avr.-24 193,20 190,00 185,00
mai-24 237,88 207,50 218,25
juin-24 229,00 214,00 213,00
juil.-24 214,40 219,80 196,80
août-24 207,25 204,75 193,00
sept.-24 214,25 208,00 200,50
oct.-24 221,20 217,40 204,00
nov.-24 215,25 205,50 196,00
déc.-24 223,40 203,80 205,00
janv.-25 224,00 207,25 207,00
févr.-25 224,25 206,75 210,50
mars-25 212,50 201,25 204,50
avr.-25 203,80 195,40 198,80
mai-25 202,50 186,50 197,00
juin-25 196,25 179,00 191,75
juil.-25 195,00 191,60 184,60
août-25 188,75 195,00 184,50
sept.-25 181,50 190,00 187,00
oct.-25 181,00 182,40 185,20
nov.-25 182,25 183,63 187,00
déc.-25 179,25 181,50 187,00
janv.-26 179,00 183,00 189,00
févr.-26 184,75 187,00 197,50
mars-26 194,00 199,70 204,40

Figure 8 - Évolution du coût des intrants en Bretagne 2020-2025

Source : Agreste - Insee, Ipampa

Télécharger les données du graphique au format :  csv  xls

Figure 8 - Évolution du coût des intrants en Bretagne 2020-2025
Types d'intrantsIndice général des produits intrantsÉnergie et lubrifiantsEngrais et amendementsAliments des animaux
2020 100 100 100 100
2021 109 116,9 128,9 110,9
2022 133,1 159,4 220,5 139,2
2023 131,8 155,8 169,4 138,7
2024 124,2 154,6 141,8 125,5
2025 122,7 140 150,9 122,9

Fourrages : moins de volumes, plus de qualité

En 2025, la production d’herbe en Bretagne pâtit du manque de pluies et des vagues de chaleur fin juin. Elle est inférieure de 8 % à la moyenne 2020-2024 et de 19 % à la production très satisfaisante de 2024. Après un démarrage précoce, la croissance de l’herbe ralentit nettement de mai à août, avant de reprendre partiellement à partir de septembre. La production de maïs fourrage diminue également, mais reste proche de la moyenne quinquennale. En 2025, la qualité des fourrages se révèle très satisfaisante (herbe comme maïs).

Des prix plus satisfaisants pour les tomates que pour les choux-fleurs

En 2025, le prix des tomates est plus élevé qu’en moyenne entre 2020 et 2024 : + 7,5 % pour les tomates en grappe, avec un prix moyen expéditeur à 1,43 euros le kg. La production globale de tomates est en revanche inférieure de 4,4 % à la moyenne. Les tomates en grappe s’en sortent mieux que les petits fruits, qui sont déclarés en crise conjoncturelle en mai, à cause de la concurrence des autres régions et d’une consommation fragilisée par la météo (définitions).
Le prix des choux-fleurs est en revanche bas en 2024-2025, à l’inverse des deux précédentes campagnes (de juin à mai de l’année suivante). Le cours aux cadrans de Bretagne atteint 0,81 euros le kg et baisse de 10 % par rapport à la moyenne des cinq dernières campagnes, avec une production supérieure de 6 %. La campagne est notamment marquée par deux épisodes de crise conjoncturelle en novembre 2024 et en avril 2025. À l’automne 2024, la production est trop abondante. En avril 2025, la consommation nationale est en berne et la concurrence des producteurs d’Europe du Sud tire les prix vers le bas.
En 2025, les artichauts sont aussi bien valorisés qu’en moyenne entre 2020 et 2024 (campagne de mars à novembre). Le prix des artichauts Camus aux cadrans de Bretagne s’élève à 0,74 euros la tête en moyenne annuelle. Il correspond au prix moyen 2020-2024, alors que l’offre est inférieure de 45 %. Le prix baisse cependant par rapport à la campagne 2024. La filière souffre de difficultés : désintérêt des consommateurs pour ce légume et pénibilité du travail pour sa culture, qui freine le recrutement de main-d’œuvre.
La campagne 2024-2025 des endives (de septembre à juin de l’année suivante) se révèle satisfaisante. Le prix globalement supérieur au prix moyen quinquennal (+ 15 %) compense largement les volumes plus bas (- 9 %).
La campagne 2024-2025 d’échalote traditionnelle (de juillet à juin de l’année suivante) est meilleure que la précédente, en volume comme en prix. La filière est soumise à la concurrence de l’échalote de semis.

Définition

Crise conjoncturelle : selon FranceAgriMer, les fruits et légumes sont déclarés en situation de crise conjoncturelle lorsque les prix expédition sont anormalement bas pendant 2, 3 ou 5 jours ouvrés consécutifs, en référence à l’article L.611-4 du Code rural et de la pêche maritime. L’article implique l’application de modération des marges de distribution pour les réseaux de distribution signataires des accords de modération des marges.

Pour en savoir plus

Bilan conjoncturel 2025 - récoltes en hausse, balance commerciale en berne, Agreste Conjoncture Synthèses, mars 2026, n°447
> Conjoncture agricole mensuelle, Agreste Conjoncture Bretagne
> Moissons d’été 2025 - Une production de blé, d’orge et de colza en nette hausse, Agreste Essentiel Bretagne, novembre 2025, n°14
> Bilans de campagne : choux-fleurs, artichauts, tomates, endives, échalotes traditionnelles, FranceAgriMer, Réseau des nouvelles du marché

Téléchargements

Agreste Conjoncture Bretagne, juin 2026, n°6