Bilan laitier 2025 - Nouveau record du prix du lait
En 2025, le prix du lait bat un nouveau record en Bretagne : les producteurs sont payés en moyenne 495 euros les 1 000 litres. Les coûts de production diminuent, le prix des vaches de réforme et des veaux augmente, permettant d’améliorer la marge laitière. Pour la deuxième année consécutive, les livraisons de lait progressent, alors que le cheptel laitier continue de se réduire. En effet, les vaches laitières produisent chacune plus de lait, notamment grâce aux progrès techniques et à une alimentation satisfaisante en 2025. Contrairement au lait conventionnel, la filière du lait bio est encore en difficulté, avec un repli plus marqué du nombre de producteurs.
Un prix du lait à nouveau record
En 2025, le prix du lait payé aux producteurs bretons bat un nouveau record. À 495 euros pour 1 000 litres en moyenne annuelle, il dépasse de 5,8 % le précédent record de 2024 (équivalent à 2023). Il excède ainsi de 18 % le prix moyen 2020-2024 (prix moyen à teneurs réelles, toutes qualités confondues, figure 1). Il est cependant toujours inférieur au prix français (515 euros les 1000 litres, encadré 2). Après la baisse habituelle du prix au printemps, au moment du pic de collecte, puis sa remontée saisonnière, le prix redescend les deux derniers mois de l’année, en lien avec la reprise de la collecte mondiale. Il termine 2025 légèrement en dessous du niveau élevé de décembre 2024 (figure 2).
Figure 1 – Évolution annuelle du prix du lait de vache et des coûts de production* entre 2020 et 2025
Prix moyen du lait en 2025 : 495,4 euros les 1 000 litres | Source : Agreste-FranceAgriMer, enquête mensuelle laitière - Institut de l'élevage (d'après Insee et Agreste)
Figure 2 – Évolution mensuelle du prix du lait de vache en Bretagne
La marge des éleveurs s’améliore nettement
En 2025, la marge des éleveurs laitiers en France sur chaque litre vendu progresse pour la quatrième année de suite (figure 3). Avec 246 euros les 1 000 litres en moyenne annuelle, elle dépasse de 36 % celle de 2024, d’après l’indice Milc de l’Institut de l’élevage, qui mesure l’écart entre la valeur produite (lait et viande) et les coûts d’approvisionnement. En 2025, la marge augmente principalement grâce à la hausse du prix des viandes (vaches de réforme et veaux). La hausse annuelle du prix du lait et la baisse des charges contribuent également à faire progresser la marge. Les revenus des éleveurs laitiers sont liés à la progression de cette marge, mais pas uniquement. Ils dépendent aussi du volume produit, des autres productions agricoles, des autres charges de l’exploitation (intérêts d’emprunt, salaires) ou encore des subventions.
Figure 3 - Évolution mensuelle de la marge* des producteurs sur le lait de vache en France
moyens de production agricole) lait de vache sur coût total indicé | Source : Institut de l'élevage (d'après Insee et Agreste)
En 2025, les coûts de production redescendent légèrement, tout en restant élevés. Sur l’année entière, ils reculent de 1,8 % par rapport à ceux de 2024 en France, d’après l’indice Ipampa lait de vache de l’Institut de l’élevage. Mais ils dépassent de 2,8 % la moyenne 2020-2024. Après avoir atteint des sommets en 2022 et 2023, ces coûts décroissent progressivement depuis. Le prix des aliments achetés, qui représentent près d’un tiers des coûts de production, diminue de 5,7 % entre 2024 et 2025. Le prix de l’énergie baisse également (- 10,5 %), tandis que celui des engrais augmente (+ 7,5 %) : ces deux postes représentent respectivement 8 % et 5 % de l’ensemble des coûts de production.
Encadré 1 - La Bretagne, 1re région pour la production de lait
La Bretagne occupe le premier rang national pour la production laitière, avec près d’un quart des volumes livrés chaque année (figure 4). La région collecte 23 % du lait français en 2025, part qui évolue peu depuis la fin des quotas laitiers en 2015. L’Ille-et-Vilaine concentre 33 % des livraisons bretonnes et les Côtes-d’Armor 28 % (figure 5). Les régions Normandie et Pays de la Loire suivent, avec respectivement 17 % et 16 % de la collecte nationale en 2025.
La Bretagne est au 2e rang pour la collecte de lait bio en volume (derrière la région Pays de la Loire). Elle est cependant 1re pour le nombre de producteurs.
Figure 4 - 23 % du lait produit en France vient de Bretagne
Figure 5 – Des vaches laitières très présentes en Ille-et-Vilaine et dans le Nord Finistère
La production de lait augmente alors que le cheptel laitier diminue
En 2025, la production bretonne de lait progresse grâce à une meilleure productivité des vaches, alors que le cheptel laitier poursuit sa baisse. Les quantités de lait livrées à l’industrie par les producteurs bretons augmentent de 3,6 %, comme en 2024 (+ 2 %). Ces hausses succèdent à quatre années de baisse de 2020 à 2023. La progression annuelle concerne les quatre départements bretons, en particulier les Côtes-d’Armor (+ 10 %). Elle est plus limitée dans les autres départements, allant de + 0,5 % dans le Finistère à + 2,1 % en Ille-et-Vilaine. À partir de juillet 2025, le virus de la fièvre catarrhale ovine (FCO) circule en Bretagne, touchant les cheptels bovins, sans pour autant pénaliser les volumes de lait collectés dans la région.
Dans un contexte de prix record du lait, les éleveurs cherchent à accroître la production en optimisant le rendement des vaches laitières, ou en retardant leur mise à la réforme.
Le rendement des vaches laitières s’accroît de 8 % en 2025, en Bretagne, après avoir déjà augmenté de 6 % en 2024. Plusieurs facteurs peuvent expliquer cette amélioration, comme la sélection génétique, le développement des robots de traite ou l’alimentation des vaches. En 2025, la production fourragère d’excellente qualité et les stocks abondants en début d’année contribuent à faire progresser le rendement laitier, ainsi que les bonnes conditions de pâturage.
Entre 2024 et 2025, les effectifs de vaches laitières en fin d’année diminuent de 4,2 % en Bretagne (figure 6). La baisse est un peu plus accentuée en Ille-et-Vilaine (- 4,6 %) et moins dans le Finistère (- 3,5 %). Le nombre de génisses laitières continue aussi à diminuer. La baisse du cheptel laitier est à relier à celle du nombre de producteurs de lait, qui se poursuit également (- 2,8 % en 2025), pour atteindre quasiment 8 000 producteurs.
La qualité du lait produit en 2025 en Bretagne est un peu moins bonne qu’en 2024 : le taux de matière protéique se réduit de 0,3 % et le taux de matière grasse perd 1,1 %.
Figure 6 – Évolution annuelle des livraisons de lait et des effectifs de vaches laitières en Bretagne
La filière bio toujours en difficulté
En 2025, le prix du lait bio breton augmente (+ 4,4 %), mais moins que le lait conventionnel (+ 6 %). Le lait bio s’échange en moyenne à 533 euros pour 1 000 litres, soit un écart d’à peine 8 % avec le prix du lait conventionnel (494 euros pour 1 000 litres). Il passe même temporairement sous le prix du lait conventionnel en avril 2025, soit à l’approche du pic de collecte en mai, comme les trois années précédentes (figure 7).
Figure 7 – Évolution mensuelle du prix du lait bio et du lait conventionnel entre 2020 et 2025
À l’inverse du lait conventionnel, la production de lait bio se replie en 2025. Les livraisons annuelles bretonnes se réduisent ainsi de 4,4 % en 2025, après avoir déjà reculé les deux années précédentes. En conséquence, la part du lait bio collecté faiblit (4,7 %, après 5,1 % en 2024). Le nombre de producteurs de lait bio diminue (- 4,8 %) plus qu’en lait conventionnel (- 2,5 %). La part de producteurs bio est quasiment stable en 2025 (10 %).
En 2025, les ménages achètent à nouveau moins de produits laitiers bio qu’en 2024 : - 1,8 % en lait bio conditionné et - 1,5 % en beurre bio. Le recul est cependant moins prononcé qu’en 2024 (- 12 % pour le lait, comme pour le beurre). Il est aussi un peu plus faible que pour les produits laitiers conventionnels.
Encadré 2 – Le prix du lait augmente un moins en France que dans l’UE
En 2025, le prix du lait en France bat à nouveau le record de l’année précédente. À 515 euros pour 1 000 litres, il s’accroît de 5,3 % en moyenne annuelle. Les livraisons de lait augmentent pour la deuxième année de suite (+ 1,9 %), malgré l’érosion continue du cheptel de vaches laitières. En 2025, les fourrages suffisants et de bonne qualité permettent en effet d’améliorer la production de lait par vache. Une meilleure alimentation complémentaire grâce à des prix plus abordables et la robotisation croissante de la traite contribuent également à améliorer la production de lait par vache.
Le prix du beurre reste élevé en France jusqu’à l’été, puis fléchit à partir de septembre. Le prix de la poudre de lait écrémé, quant à lui, se stabilise à un niveau bas jusqu’en août, puis diminue.
Dans l’Union européenne (UE 27), la collecte laitière dépasse de 1,5 % celle de 2024, grâce au dynamisme des productions irlandaise, polonaise et française. Le prix du lait calculé sur onze mois s’accroît de 10 %.
Au niveau mondial, la collecte progresse également (+ 2,3 %), en particulier au second semestre, mais le prix du lait est globalement en baisse. Le prix du beurre industriel chute en cours d’année, face à une production en hausse (États-Unis, Nouvelle Zélande, puis Europe). Le prix mondial de la poudre de lait écrémé diminue aussi, en lien avec l’augmentation de la production.