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Agreste Essentiel N°10 - Les moissons d’été 2021 - Augmentation des surfaces et des rendements des céréales à paille

Les moissons d’été 2021 - Augmentation des surfaces et des rendements des céréales à paille (format pdf - 541 ko - 15/11/2021)

Contexte national
En 2021-2022, la production mondiale de céréales, toutes confondues, devrait croître de 3,5 % sur un an, impulsée par de plus grosses moissons de maïs, blé et sorgho, malgré des replis en orge, avoine et seigle. La consommation de céréales devrait atteindre un nouveau pic, tandis que les stocks de report à la fin de la campagne reculeraient légèrement.
En France, la production 2021 de céréales progresserait de 15 % par rapport à celle, particulièrement faible, de 2020. Pour les seules céréales à paille, l’augmentation atteindrait + 18 % sur un an (+ 7 % en surface et + 10 % en rendement) et + 4 % par rapport à la moyenne 2016-2020.
Malgré les craintes liées aux épisodes de gel en avril, le retour quasi généralisé des pluies fin avril, après une période de sécheresse, bénéficie aux cultures d’hiver. Les fortes chaleurs de la mi-juin, puis la fréquence des pluies estivales entament le rendement et retardent les moissons. Cependant, la production de céréales d’hiver progresserait fortement comparée à celle de l’année précédente. Avec des rendements en hausse et des surfaces en repli, la production en colza se maintiendrait au niveau faible de 2020, et serait inférieure d’un quart à la moyenne quinquennale.
Les prix des céréales et des oléagineux progressent fortement au cours de la campagne 2020-2021. Malgré une récolte mondiale record de céréales, l’embellie des prix vient en grande partie de la demande de la Chine, de retour sur le marché mondial du maïs depuis l’été 2020, influençant les cours céréaliers. La hausse se poursuit en début de campagne 2021-2022.

En Bretagne, selon les premières estimations, la superficie globale de céréales à paille progresse de 5 % en 2021, après avoir diminué de 13 % en 2020 (cf. tableau 1). La surface s’accroît ainsi de 15 % pour le blé et de 35 % pour le triticale, mais elle se réduit pour l’orge (– 20 %). À l’inverse, la superficie implantée en oléagineux décroît de 11 %, après avoir augmenté de 4 % en 2020. Celle en protéagineux est également en baisse (– 13 %), après deux années de hausse.
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Comme en France, les conditions météorologiques de la campagne 2020-2021 favorisent globalement les rendements des grandes cultures.
Durant l’automne 2020, les précipitations s’avèrent largement excédentaires en octobre et décembre, et déficitaires en novembre. Les températures dépassent les normales saisonnières, permettant un début de cycle normal. À l’inverse des conditions difficiles de l’automne 2019, les semis de céréales se déroulent dans les temps et s’achèvent fin novembre pour le blé tendre et l’orge d’hiver. Leur levée est en avance par rapport aux moyennes quinquennales.

La pluviométrie de l’hiver 2021 apparaît ensuite déficitaire, mais les températures continuent de dépasser les normales saisonnières. Les pluies abondantes de décembre et janvier provoquent des engorgements dans les parcelles hydromorphes avec des pertes de plants de céréales localement. L’épisode de grand froid avec chutes de neige de la deuxième semaine de février a des conséquences limitées sur les grandes cultures, grâce au stade relativement précoce des céréales et à l’humidité des sols, qui réduit les effets de l’amplitude thermique. Les conditions plus clémentes durant la deuxième quinzaine de février assurent de bonnes conditions de développement pour les céréales et le colza. Le léger retard de croissance observé en février est rattrapé en mars. Le déficit hydrique durant ce mois est compensé par des réserves en eau satisfaisantes. Endurcies par les épisodes de froid, les céréales abordent le printemps dans un bon état sanitaire.

Au printemps, les précipitations redeviennent excédentaires, sauf en avril, très sec. Les températures se rapprochent de la norme (légèrement inférieures en avril et mai, puis un peu supérieures en juin). Les gelées tardives d’avril n’affectent pas ou peu les grandes cultures en Bretagne : du fait d’un bon état de développement, les colzas peuvent compenser les pertes de fleurs. Par ailleurs l’absence de pluies importantes permet d’éviter les dégâts sur céréales. Les conditions de culture sont donc globalement bonnes pour les céréales, voire très bonnes pour le colza. Après un début de printemps froid et sec, qui a provoqué une sécheresse de surface, les pluies de mai permettent d’hydrater correctement les sols. En juin, le niveau des nappes d’eau souterraine est majoritairement inférieur à la normale. Contrairement à l’an dernier, les chantiers de récolte n’ont pas encore débuté dans l’est de la région, en raison d’une épiaison plus tardive, et de conditions météorologiques orageuses. Celles-ci provoquent par ailleurs de la verse dans de nombreuses parcelles.

Durant l’été, les températures s’affichent supérieures aux normales saisonnières, notamment le dernier mois. Le niveau des pluies est globalement dans la norme, mais il la dépasse en juillet. Les pluies régulières au début de l’été perturbent alors fortement le déroulement des moissons et retardent les récoltes, qui ne démarrent qu’autour du 20 juillet. La pluie interrompt les chantiers qui ne reprennent qu’à la mi-août. Les rendements en blé sont finalement corrects. Les taux en protéines sont moyens en Bretagne, alors qu’ils sont satisfaisants, voire bons ailleurs. Mais les poids spécifiques sont faibles pour les récoltes réalisées après la pluie en août. Du fait d’un calendrier de moisson plus précoce, l’orge d’hiver est moins pénalisée par la pluviométrie de juillet. Malgré une météo capricieuse et des attaques de ravageurs tout au long de l’année, les dernières semaines de juillet et août favorisent la nouaison et le remplissage du colza qui enregistre parfois des rendements à plus de 50 q/ha.

Au final, après avoir fléchi l’an dernier, les rendements s’améliorent pour les céréales à paille et les oléagineux, (cf. tableau 1). En un an, le rendement global des céréales à paille progresse ainsi de 7 %, après avoir reculé de 15 % en 2020. Il gagne 4,5 q/ha pour le blé et l’orge, et 1 q/ha pour le triticale. Les rendements sont stables, en revanche, comparés à leurs moyennes quinquennales respectives. Concernant les oléagineux, du colza pour 97 % des surfaces, les rendements sont supérieurs de 26 % à ceux de 2020 et de 1 % à la moyenne quinquennale.

Avec des surfaces et des rendements en hausse en 2021, la production totale en céréales à paille progresse de 13 % en un an, mais perd 8 % par rapport à la moyenne des cinq dernières années. S’agissant des oléagineux, l’augmentation des rendements fait plus que compenser la réduction des surfaces : la production gagne ainsi 12 % sur celle de 2020, mais reste inférieure de 4 % à la moyenne 2016-2020.

Comme en France, les prix des céréales récoltées en 2020 en Bretagne progressent, dans un contexte de demande mondiale soutenue par la reprise mondiale et la demande chinoise. Les prix au 30 juin 2021 atteignent ainsi 177 €/t pour le blé tendre, 155 €/t pour l’orge et 159 €/t pour le triticale, en augmentation respectivement de 17 %, 15 % et 18 % sur les niveaux d’un an plus tôt.

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