Datura : surveillez vos maïs pour protéger les récoltes et les élevages

La présence du datura en Bretagne n’est pas nouvelle, mais son expansion récente suscite une vigilance accrue. Longtemps cantonnée à certaines cultures spécialisées, cette plante adventice hautement toxique colonise désormais les parcelles de maïs sur l’ensemble du territoire. Agriculteurs, éleveurs, techniciens et chauffeurs d’ensileuse sont invités à renforcer leur surveillance afin de limiter sa propagation.

Un risque pour l’alimentation humaine et animale

Le datura stramoine est une plante de la famille des solanacées, originaire d’Amérique centrale. Elle contient naturellement des alcaloïdes toxiques, notamment l’atropine et la scopolamine.

Toutes les parties de la plante sont concernées : feuilles, tiges, fleurs, fruits et graines. En cas d’ingestion, ces substances peuvent provoquer des troubles digestifs et neurologiques graves chez l’Homme comme chez les animaux.

La présence de datura dans les cultures constitue donc un véritable enjeu sanitaire. Quelques plants seulement peuvent suffire à contaminer une récolte destinée à l’alimentation animale ou humaine.

Comment reconnaître le datura ?

La reconnaissance précoce des plants est essentielle pour intervenir rapidement.

Dès le stade jeune, le datura présente deux cotylédons particulièrement allongés. À partir de la quatrième feuille, le limbe devient denté tandis que la tige reste ronde.

Unilet, Fredon Bretagne, Arvalis

À maturité, la plante peut dépasser un mètre de hauteur. Elle produit des fleurs blanches ou violacées en forme de trompette et des fruits verts recouverts d’épines. Ces bogues contiennent plusieurs centaines de graines susceptibles de rester viables dans le sol pendant de nombreuses années.

Une attention particulière doit être portée aux parcelles de maïs tout au long de la saison, car les levées peuvent s’échelonner du printemps jusqu’à la fin de l’été.

Agir dès les premiers plants

La première règle consiste à empêcher toute production de graines.

Lorsque quelques plants sont observés, l’arrachage manuel reste la solution la plus efficace. Cette intervention doit être réalisée avec des gants afin d’éviter tout contact avec la plante. Les plants arrachés doivent être sortis de la parcelle et laissés à sécher.

En présence de bogues, celles-ci doivent être retirées et éliminées afin d’éviter toute dissémination des graines.

Pour les parcelles fortement infestées, une stratégie combinant désherbage mécanique et chimique peut être nécessaire. Compte tenu des levées échelonnées du datura, la surveillance doit être maintenue jusqu’à la récolte.

À plus long terme, l’allongement des rotations et l’introduction de cultures d’hiver ou de prairies constituent également des leviers efficaces pour réduire durablement la présence de cette adventice.