Protection des grandes cultures - Les pratiques alternatives gagnent du terrain sans pour autant réduire le recours aux produits phytosanitaires
Résumé
En agriculture conventionnelle, les grandes cultures bretonnes sont pour la plupart moins traitées qu’à l’échelle nationale. La pomme de terre est celle qui reçoit le plus de traitements, dont une grande part de fongicides. La fréquence des traitements phytosanitaires sur le blé tendre et le maïs fourrage conventionnels est relativement stable en Bretagne depuis 2011. Celle du maïs grain est en progression depuis dix ans. Les produits herbicides sont appliqués de manière quasi-systématique. Leur utilisation est en constante augmentation, et certaines substances actives fréquemment utilisées présentent un risque préoccupant pour la ressource en eau. Les traitements fongicides et insecticides fluctuent en revanche d’une année sur l’autre, car ils sont en partie liés aux conditions météorologiques et sanitaires lorsqu’ils sont appliqués au champ. Ils sont aussi utilisés de manière préventive pour traiter les semences avant leur implantation. L’utilisation de semences traitées est une pratique majoritaire pour l’ensemble des cultures enquêtées. Les traitements de semences ne sont néanmoins pas comptabilisés de la même manière que les traitements au champ, dans la mesure où ils ne sont pas toujours connus de l’agriculteur.
En agriculture biologique, le recours aux produits phytosanitaires est en revanche logiquement limité et l’utilisation d’herbicides exclue.
Les agriculteurs bretons sont sensibilisés aux risques liés aux traitements phytosanitaires. Ils sont de plus en plus nombreux à recourir à des pratiques alternatives pour limiter le recours aux produits de synthèse. Parmi elles, plusieurs ont augmenté en dix ans : le recours au semis multi-variétal (semis de plusieurs variétés sur une même parcelle), au faux-semis (travail du sol pour faire lever la flore concurrente aux cultures et la détruire avant semis) et au désherbage mécanique après semis (utilisation d’outils spécifiques). Le contrôle des rotations (alternance de cultures différentes) est également évoqué par une grande part des agriculteurs. Entre 2011 et 2021, cet intérêt ne limite toutefois pas la progression des rotations courtes dans le paysage agricole breton.