Des rendements dans la norme avant l’été

En 2026, la production des prairies de printemps au 20 juin progresse de 10 % en Bretagne par rapport à celle de 2025, plutôt faible. Le rendement régional reste dans la moyenne. Après un démarrage fort et précoce, la croissance des prairies ralentit ensuite. Elle évolue en dents de scie en fonction de la météo. Les stocks de fourrages constitués sont toutefois de qualité et les conditions de pâturage satisfaisantes.

La production d’herbe au 20 juin s’améliore

Au printemps 2026, la production bretonne des prairies cumulée au 20 juin atteint 2,8 millions de tonnes de matière sèche, selon les estimations de l’enquête prairies (►méthodologie, figure 1). Elle progresse de 10 % par rapport à celle du printemps 2025, qui était assez faible. La production est aussi supérieure de 5 % à la production de référence de l’enquête prairies. Elle progresse de 10 % par rapport à celle du printemps 2025, qui était assez faible. Elle est aussi supérieure de 5 % à la production de référence de l’enquête prairies. Pour les seules prairies permanentes, la pousse cumulée au 20 juin 2026 en Bretagne est meilleure qu’en moyenne selon Isop : elle atteint 65 % de la pousse annuelle de référence contre 62 % pour la pousse de référence cumulée au 20 juin.
La superficie totale des prairies en 2026 est estimée à 627 000 hectares, soit 23 % du territoire régional (►définitions). Elle correspond principalement aux prairies permanentes (58 %) et aux prairies temporaires (40 %). Les prairies artificielles occupent moins de 2 % de la surface prairiale bretonne.

Figure 1 - Production, rendement et écart au rendement de référence des prairies au printemps 2026Figure 1 - Production, rendement et écart au rendement de référence des prairies au printemps 2026

Printemps 2026

Production (milliers de tonnes de matière sèche)

Rendement (tonnes de matière sèche par hectare)

Écart au rendement de référence (%)

Prairies permanentes Prairies temporaires Total prairies (y compris artificielles) Prairies permanentes Prairies temporaires Total prairies (y compris artificielles) Prairies permanentes Prairies temporaires Total prairies (y compris artificielles)
Côtes-d’Armor 349 358 715 4,2 5,4 4,8 5,20 5,68 5,31
Finistère 351 259 615 3,7 4,6 4,1 1,07 -0,22 0,50
Ille-et-Vilaine 373 415 826 4,3 5,6 4,9 10,46 10,67 10,54
Morbihan 330 276 613 3,6 5,0 4,1 4,89 1,43 3,24
BRETAGNE 1 404 1 308 2 769 4,0 5,2 4,5 5,38 5,02 5,21

Source : Agreste, enquête prairies 2026

Des rendements satisfaisants dans les départements bretons

Au printemps 2026, le rendement moyen de l’ensemble des prairies bretonnes est estimé à 4,5 tonnes de matière sèche à l’hectare. Il progresse de 10 % par rapport au rendement plutôt modéré du printemps 2025. Il dépasse également de 5 % le rendement de référence (►figure 2). Il est dans la norme selon la dénomination du système Isop . Au niveau départemental, les rendements sont également dans la norme, excepté en Ille-et-Vilaine où il est un peu plus favorable (faiblement excédentaire).

Figure 2 - Évolution de l’indice de rendement des prairies au printemps en Bretagne

Lecture : au printemps 2026, le rendement des prairies en Bretagne est supérieur de 5 points au rendement de référence de l’enquête prairies | Source : Agreste, enquêtes Prairies

Télécharger les données du graphique au format :  csv  xls

Figure 2 - Évolution de l’indice de rendement des prairies au printemps en Bretagne
Indice rendement de printemps par rapport au rendement de printemps de référénceBretagneRendement de référence
2020 103 100
2021 95 100
2022 84 100
2023 109 100
2024 114 100
2025 96 100
2026 105 100

Très favorable en avril, la pousse de l’herbe ralentit ensuite

Le premier semestre 2026 est marqué par des conditions climatiques très contrastées : excès d’eau en fin d’hiver, sécheresse printanière avec plusieurs vagues de chaleur se succédant dès fin mai, dont une canicule exceptionnelle fin juin. Les pluies sont ainsi abondantes en janvier, février et mai, et les températures dépassent chaque mois les normales (1991-2020) (►figure 3). La météo permet une production d’herbe globalement correcte en Bretagne, au 20 juin. Par ailleurs, les excellentes conditions de récolte permettent de constituer des stocks de qualité.
En 2026, la production printanière des prairies bretonnes évolue sans véritable pic de croissance, alternant entre phases d’accélération et de ralentissement.
Après un hiver particulièrement humide, la pousse de l’herbe démarre très bien en mars, grâce à l’alternance de périodes douces et plus fraîches. La mise à l’herbe des bovins s’engage début mars, à mesure que la portance des sols s’améliore.
Au 20 avril, la production cumulée des prairies permanentes bretonnes excède de 39 % celle de la période de référence 1989-2018, grâce au démarrage précoce en mars. La croissance de l’herbe est cependant freinée en avril par les gelées matinales et le vent d’est, qui assèche les sols. Les conditions météorologiques sont favorables au pâturage et aux fauches précoces. Les fauches en enrubannage commencent en début de mois et les chantiers d’ensilage en fin de mois.
Le retour des pluies début mai ne permet pas une reprise franche de la pousse, en raison des températures fraîches qui l’accompagnent. Au 20 mai, la production cumulée des prairies permanentes ne dépasse plus que de 16 % celle de la période de référence. L’épisode de forte chaleur en dernière décade de mai ralentit par ailleurs la pousse. En fin de mois, les récoltes d’ensilage et d’enrubannage se réalisent dans de bonnes conditions et les chantiers de foin débutent.
En juin, la première quinzaine apparaît fraiche et pluvieuse, puis les prairies souffrent de la chaleur. Au 20 juin, la production cumulée des prairies permanentes bretonnes ne dépasse plus que de 5 % celle de la période de référence. À la fin juin, l’épisode caniculaire commence à griller les prairies, entraînant l’arrêt du pâturage des bovins, quinze jours plus tôt qu’habituellement.

Figure 3 - Précipitations et températures mensuelles en Bretagne

Figure 3 - Précipitations et températures mensuelles en Bretagne | Source: Météo-France

Graphique représentant l’évolution mensuelle des températures (courbes) et précipitations (barres) en 2025, 2026 et en moyenne sur la période 1991-2020. Les précipitations sont sous les normales à partir de février après des mois de janvier et février très au-dessus des normales malgré un mois de mai pluvieux. Les températures sont au contraires supérieures aux normales. Les données de cette figure sont téléchargeables au format xlsx sur cette page.

Encadré 1 - Une pousse d’herbe au 20 juin faiblement déficitaire, mais hétérogène en France

En France métropolitaine, la production cumulée de l’ensemble des prairies au printemps 2026 est inférieure de 11 % à la production de référence (+ 5 % en Bretagne). Le rendement des prairies apparaît faiblement déficitaire par rapport à la référence, avec 3,5 tonnes de matière sèche par hectare (►figure 4).
S’agissant des prairies permanentes, la pousse nationale cumulée jusqu’au 20 juin 2026 atteint 58 % de la pousse annuelle de référence, ce qui correspond à un niveau normal. Après un démarrage très favorable de la campagne, le manque de pluie se fait progressivement sentir dans l’ensemble des régions.
Au 20 juin 2026, près de la moitié des départements français (43) ont un rendement global des prairies déficitaire, avec un déficit important dans plusieurs départements d’Occitanie. Le rendement est dans la norme pour 38 autres départements (au nord-ouest et au sud-est du pays), tandis qu’il est faiblement excédentaire dans 11 départements, dont l’Ille-et-Vilaine.

Figure 4 - Écarts aux rendements fourragers départementaux de référence au 20 juin 2026

Figure 4 - Écarts aux rendements fourragers départementaux de référence en France au 20 juin 2026 - voir la transcription ci-dessous
Figure 4 - Écarts aux rendements fourragers départementaux de référence en France au 20 juin 2026 | Source: Agreste, enquête Prairies 2026

Carte des départements français avec 5 couleurs selon l’écart au rendement de référence. L’Ille-et-Vilaine est en excédent faible, le Finistère , le Morbihan et Côtes d’Armor en état "normal". Données de la carte téléchargeables au format xlsx sur cette page.

Encadré 2 - Situation régionale des prairies permanentes bretonnes au 31 août 2026

Figure 5 – Indicateur de pousse des prairies permanentes en Bretagne au 31 août 2026 - voir la transcription ci-dessous
Figure 5 – Indicateur de pousse des prairies permanentes en Bretagne au 31 août 2026 | Source : Agreste - Isop 2026

Au 31 août 2026, toutes les zones de prairies permanentes de Bretagne sont en déficit au regard de la pousse de référence à cette date. 38 % de déficit ou plus dans le Finistère et l’ouest des Côtes d’Armor, entre 31 % et 37 % de déficit dans le Morbihan et de 24 à 30 % de déficit en Ille et Vilaine et dans l’est des Côtes d’Armor.

La situation se dégrade fortement dès la dernière décade de juin, avec les différents épisodes caniculaires ou de forte chaleur et le manque de pluies au cours de l’été. Dès le 30 juin, la pousse cumulée estimée des prairies permanentes bretonnes n’atteint plus que 59 % de la pousse annuelle de référence, contre 66 % pour la pousse de référence au 30 juin. Au 31 août, cette part est de 57 % contre 85 % pour la référence (►figure 5). Cette part diminue au cours de l’été, la canicule détruisant l’herbe qui avait poussé, avant qu’elle soit pâturée ou fauchée.

Figure 5 - Indicateur de pousse des prairies permanentes en Bretagne au 31 août 2026

Définitions

  • La production des prairies totalise celle des prairies permanentes, des prairies temporaires et des prairies artificielles. Les prairies permanentes ou surfaces toujours en herbe (STH) sont naturelles ou semées depuis six ans ou plus. Les prairies temporaires sont semées depuis moins de six ans de graminées fourragères, éventuellement mélangées à des légumineuses. Elles sont exploitables en fauche et ou en pâture. Les prairies artificielles sont semées de légumineuses fourragères pures ou en mélange, pour une durée d’implantation de moins de cinq ans en moyenne. Elles sont généralement destinées à être fauchées.
    La production des prairies est évaluée en quantités de matière sèche, c’est-à-dire après élimination de l’eau.
  • Portance : capacité d’un sol à supporter une charge, ici le bétail ou les engins agricoles.
  • Enrubannage : stockage en balles cylindriques de fourrages légèrement séchés, enveloppés d’un ruban plastique.
  • Ensilage : méthode de conservation de fourrages humides par fermentation, à l’abri de l’air.

Sources, méthodes

L’enquête prairies est une opération de conjoncture réalisée par les services statistiques agricoles de chaque région. Les régions fourragères, constituées de communes, sont des zones agro-climatiques homogènes du point de vue herbager, issues d’un découpage de la France réalisé dans le cadre de l’enquête prairies. L’enquête aboutit à une estimation de la production des prairies, de printemps d’une part, d’été-automne d’autre part, à partir des observations de rendement du système Isop et de données d’experts. Les rendements de référence de l’enquête prairies ont été actualisés en 2020. Ceux des régions fourragères bretonnes se réfèrent à la période 2010-2018 pour les prairies temporaires et à 1982-2018 pour les prairies permanentes.
À partir d’un modèle de simulation, le système Isop (informations et suivi objectif des prairies) fournit des estimations de rendement des prairies temporaires et des prairies permanentes productives (en se basant sur la couverture des besoins d’une unité gros bétail pendant six mois). Le système Isop calcule les quantités de matière sèche cumulée par hectare et par jour, sur 228 régions fourragères, dont 10 en Bretagne. Les résultats de simulation sont extraits au 20 de chaque mois, entre mars et novembre, sous forme d’un rapport à la normale correspondant à la moyenne calculée sur la période 1989-2018. Isop est le fruit d’une collaboration entre Météo-France, l’Inrae (Institut national de recherche pour l’alimentation, l’agriculture et l’environnement) et le SSP (Service de la statistique et de la prospective) du ministère chargé de l’agriculture.

Pour en savoir plus

• Toutes nos publications sur les grandes cultures, les fourrages et les prairies
• La dernière publication nationale sur les prairies de printemps sur le site Agreste :
Agreste Conjoncture Infos Rapides, Prairies. Au 20 juin 2026, une pousse cumulée de l’herbe normale mais fortement ralentie sur le dernier mois - N°79 – Juin 2026
• La publication nationale sur les prairies au 20 août 2026 sur le site Agreste :
Agreste Conjoncture Infos Rapides, Prairies. Au 20 août 2026, la pousse cumulée des prairies est largement déficitaire - N°101 – Août 2026
• La dernière publication nationale sur les prairies sur le site Agreste :
Agreste Conjoncture Infos Rapides, Prairies. Au 20 septembre 2026, le déficit de la pousse de l’herbe atteint 40 % - N°123 – Septembre 2026

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